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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 14:12

 

Une vieille femme peine à se lever un matin. Lenteur du film et lenteur du psychisme de la « mamie ». L’actrice a 90 ans, l’âge du rôle. L’ascenseur est en panne et, pire encore, sa fille va venir avec Béatrice-Hugo un copain qui est une copine.

Quand la fille arrive, une tornade, on sait que ça va saigner, et le film démarre : la fille excitée, droguée, tabagique, allergique aux chats de sa maman, bref odieuse, apporte des pseudo cadeaux, des savons thérapeutiques du Pérou, et un papier à signer, un contrat de merde de deux pages qui propose à la maman de quitter son F4 cossu au 8ème étage contre un F1 au RDC, en échange de quoi, sa fille deviendra « gentille » et aidera sa mère dans sa vieillesse. Non. La fille n’est pas crédible et la mère ne se laisse pas faire. Conflit genre « Sonate d’Automne » de Bergman. La mère n’aurait jamais aimé sa fille ce que celle-ci aurait toujours su. Souffrance, gifle, déballage de linge sale, très sale, en famille.

Du ratage, quoi, entre mère et fille, juste de quoi faire un excellent film.

 


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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 14:07

Le Film de David Cronenberg:
Sabina Spielrein, une jeune femme souffrant d'hystérie, est soignée dans une clinique psychiatrique par le psychanalyste Carl Jung. Elle devient bientôt sa maîtresse.
C’est une histoire d’amour sans amour, mais non sans désir ou bien ce n’est pas un désir noble mais de l’hystérie.
Les psychanalystes analysent sans arrêt leurs rêves. C’est le début de la psychanalyse.
Jung est marié, protestant, pas libre, il est coincé. Le bon docteur Jung hésite, il aimerait la sauter mais c’est interdit par la religion, zut alors . Et c’est aussi interdit par la psychanalyse, nouvelle religion ... Zut encore.
Papa Freud n’est pas content.


a dangerous method
Un livre :
Le scénario m’a fait pensé à un livre de philosophie qui parle d’un livre d’amour. “Un autre nom pour l’amour” de Mc Cullough, livre niais et illisible que je n’ai donc pas lu moi-même mais dont j’ai entendu parler par Žižek Slavoj mon philosophe préféré :

Une infirmière dans un hôpital psychiatrique est déchirée , divisée entre son devoir professionnel et son amour pour un patient. Elle renonce à l’amour (le moralisme le plus insipide gagne). Elle est victime de son devoir, elle renonce à la passion amoureuse.
Voici la fin du livre que vous n’aurez pas besoin d’acheter donc ...
“Elle avait un devoir tout tracé... car il ne s’agissait pas d’un simple travail, routinier, sans âme. Elle y mettait tout son coeur. Voilà ce qu’elle devait, non, ce qu’elle voulait faire de sa vie. Elle était en paix avec elle même. Car elle savait, désormais, que le devoir, la plus tyrannique des obsessions n’était qu’un autre nom pour l’amour”;

Žižek, mon philosophe préféré, explique que c’est là un vrai tour dialectique hégélien.
une négation de la négation
l’amour, c’est interdit, mal (première négation, si j'ai bien compris)
le devoir c’est pas rigolo (seconde négation , si vous voyez ce que je veux dire)
mais si l’infirmière pense que le devoir c’est  un autre nom pour l’amour, youpi c’est gagné.
ils sont forts les philosophes ...

La morale de ces deux histoires : évitez les hôpitaux psychiatriques, ça complique les choses de l’amour...

 

autre nom amour

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Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 16:33

Un film remarquable pour des lecteurs de Victor Hugo (1802- 1885) et de Jean Jaurès (1859 -1914).

Victor Hugo avait écrit un long poème « Les pauvres gens » . Lui marin, elle brave femme, sans le sous, ils prennent chez eux deux orphelins alors qu’ils ont déjà des enfants à nourrir. Pas besoin de lire Spinoza pour ce faire.

Jean Jaurès  reçu premier à l’école normale supérieur, reçu avant Bergson. La politique avait du panache : « Le courage, c'est de comprendre sa propre vie... Le courage, c'est d'aimer la vie et de regarder la mort d'un regard tranquille... Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel. »


Mais en vrai c’est un film à Marseille au 21ème siècle.  Du panache au cinoche, près de chez nous.

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Dans le film Ariane Ascaride c’est la pauvre femme, Jean Pierre Daroussin est le pauvre marin, licencié C.G.T. d’un chantier naval.

Il y a une scène sublime dans un café : un jeune serveur décrit les vertus antidépressives de la Marie Brizard que le serveur conseille dans les peines d’amour. Mais Ariane n’a pas de peine de cœur, il lui sert alors un truc grec dont j’ai oublié le nom mais qui remonte grave le moral d’Ariane.

Superbe. J’y retourne dimanche prochain. 

 

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Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 15:36

 

La différence des sexes, c’est génial au cinéma, ça donne des bonnes comédies (ou des drames, parfois des navets, c’est selon).

La différence de classe socioprofessionnelle, ça pimente le scénario.

Dans ce film rigolo, un homme sans le sous et une femme riche vont nous mener en bateau.

J’ai bien aimé, j’ai ri, mais Catherine non. Chacun ses sales gouts comme disait ma tante Nanine


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Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 15:34

Un bon film, une jeune juge, inexpérimentée mais au grand cœur, se bat pour une femme qui a deux enfants et des dettes plus un dossier de surendettement. La juge tombe malade et platoniquement amoureuse d'un vieux juge (pardon Vincent Lindon) lequel va prendre la relève dans ce dossier.

 

 

toutes nos envies

 

Un très beau cadeau à la fin : un parfum (mais je ne vous raconte pas, j'ai pleuré)

 

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Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 21:03

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Un film turc lent et superbe mais un peu lourd à la fin (L’autopsie m’a semblé longue).
Des hommes cherchent un cadavre : un Procureur, un Docteur, un commissaire, des flics, des militaires, et deux suspects qui doivent dire où est le cadavre. 
L’Anatolie est parcourue par trois voitures la nuit, les fonctionnaires ne font pas de tourisme, ils ont un travail et un travail ingrat, mais ils discutent à bâtons rompus de petites choses de la vie quotidienne comme la mauvaise odeur d’un yaourt délicieux que fait ma maman ou bien du grand problème que pose à chacun des ces hommes, rudes ou cultivés, la femme. La leur, comme celle, vivante et casse bonbon du Commissaire ou celles qui sont parties après un divorce, pour le médecin par exemple, ou une mort énigmatique pour le Procureur.

Le film est traversé par deux femmes réelles, une jeune fille lumineuse qui apporte du thé avec des bougies, et la veuve dont le mari a été assassiné.
 Les protagonistes ont une part sombre. Nous les écoutons avec émotion, car cela se passe en Anatolie, mais le rapport Homme-Femme est traité ici avec Grandeur. C’est de l’Universel que ce film nous parle

 

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Dimanche 2 octobre 2011 7 02 /10 /Oct /2011 20:41

Un début dansé, chaloupé et magnifique: des femmes en noir vont au cimetière. Certaines sur des tombes chrétiennes, d’autre, juste à coté, sur des tombes musulmanes. Elles pleurent des hommes morts à la guerre. Le ton est donné, un peu simpliste : les femmes, généreuses et inventives sont pour la paix, les hommes, décrits comme des grands gosses, se battent bêtement entre eux. C’est manichéen mais ça marche assez bien dans un décor de carton pâte avec à gauche l’église et à droite la mosquée. Une mignonne romance genre Roméo et Juliette mais dans un même village aux deux religions, des petites profanations qui enflamment chaque communauté croyante tour à tour. Bagarres stupides. Les femmes solidaires et soudées inventent d’incroyables stratagèmes pour “calmer” les hommes.
On se demande où cela va aller ...
Un fils  part en voyage et revient mort...
La fin, presque dansée par des hommes en noir est superbe.
Le titre prend alors tout son sens symbolique et j’ai pleuré, émue par ces funérailles. Je n’étais pas seule à être touchée.

 

 

 

 

 

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Vendredi 19 août 2011 5 19 /08 /Août /2011 08:07

le miroir, objet chéri d’Almodovar:

“regarde toi ...”

“regarde ce que j’ai fait de toi ...”

 

 

La piel que habita

 

 

Malentendu sur le désir du médecin : que veut-il ? Son regard est-il d’amour ou de haine ?

 

 

 

un malentendu sur la drogue, chiasme maladie mentale, psychiatrie et  drogue en ville.
Vicente dragueur  demande à Norma, jeune fille juste un peu inhibée “tu es chargée ?”
elle répond en donnant une longue liste de médicaments de psychiatrie lourde.
Lui il est simplement drogué.

 

le comble de l’horreur (un acte chirurgical contre nature et contre la volonté de Vicente) est mis en image sobrement, d’abord la chirurgie, dont on ne sait encore rien. Que feront-ils ces chirurgiens clandestins ? Puis son résultat pour comprendre : Vicente se regarde dans la glace. Le spectateur ne voit rien, mais maintenant il sait, c’est tout.

Signé Almodovar


 

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Samedi 16 juillet 2011 6 16 /07 /Juil /2011 15:15

Adaptation du célèbre roman gothique de Matthew G. Lewis, publié en 1796, « Le Moine » raconte le destin tragique de Frère Ambrosio dans l’Espagne catholique du XVIIe siècle.

Le cinéma a transformé le roman en Harry Potter dans la Grande Espagne du XVIIe siècle ou Matrix sans complication, en ne gardant que la lutte du bien et du mal. J’explique : le bien, c’est être moine et chaste, pour glorifier Dieu et le mal, c’est aimer une femme jusqu’au bout … si vous voyez ce que je veux dire.

« Satan a le pouvoir qu’on veut bien lui donner », prêche Don Ambrosio qui est au départ vertueux avec un visage triste. La vertu ne semble pas rigolote, rigolote. Il va forniquer et son visage sera encore plus triste et sombre à la fin. La joie, non, elle n’est pas dans ce film. Même pas dans le rire sardonique du diable, faustien, qui se trouve superbement habillé en Hidalgo avec fourrure en plein cagnard, dans le désert…

J’ai bien aimé la lecture du Psaume 6 :

            Yahvé, ne me châtie point dans ta colère,

            Ne me reprends point dans ta fureur.

            Pitié pour moi, Yahvé, je suis à bout de force,

            guéris moi, Yahvé, mes os sont bouleversés,

            mon âme est toute bouleversée.

 

Le-moine.jpg

  

Le pauvre moine était surtout bouleversé par la beauté d’une charmante jeune fille.

Un combat du bien et du mal digne de Don Quichotte.

 

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Dimanche 12 juin 2011 7 12 /06 /Juin /2011 09:39

 

La séparation, Film iranien d'Asghar Farhadi 

 

la séparation

 

 

un divorce en Iran, cela pourrait être en France. Un couple, que l’on nous dit faire partie de la petite bourgeoisie, se sépare. Elle veut quitter son mari et  l’Iran mais pas sans sa fille. Lui veut rester près de son père malade. Ce couple en rupture va croiser un autre couple pauvre et courageux.  Le mari, impulsif, violent a des dettes et des ennuis avec la justice et sa femme est soumise au mari (sauf qu’elle va lui cacher qu’elle travaille comme garde malade auprès du vieux papa) et elle est très pieuse. Jurer sur le Coran à propos de la cause d’une fausse couche exige qu’il n’y ait aucun doute sur la cause de la fausse couche.


Le scénario est admirablement ficelé, compliqué, et diabolique. Les dialogues sont formidables. Les personnages essaient tous de dire la vérité, ils croient tous avoir raison et devant les juges nous écoutons, médusés, des joutes oratoires . La justice Iranienne est omniprésente. Au début le spectateur est invité à juger un divorce. Durant le film, nous irons souvent au tribunal. Ça parle. Ça parle. Comment juger ? À la fin, nous serons encore au tribunal  .... La fin, voilée, est limite insupportable.
un grand film Iranien, un grand film humain.

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