Art et symptôme

Publié le par lalige



Hier à Antibes au Palais des congrès, j’étais à une rencontre sur le thème « Art et symptôme ».

* Tout d’abord Rémy Baub a explicité cette curieuse ou surprenante  association de mot : Art et symptôme.
L’art serait beau et le symptôme serait moche. Que nenni…Le symptôme, qui semble étranger au sujet, est en fait une création singulière tout comme l’est une œuvre d’art. En quelque sorte, le névrosé est un artiste. Pourquoi le névrosé crée-t-il du symptôme ? Parce qu’il y a un impossible à dire sur la jouissance ou sa représentation. Le symptôme se construit à partir du plus intime de chacun, il est la marque d’un sujet.

* Ensuite, Chantal Bonneau a parlé du dernier film d’Almodovar « étreintes brisées » La dernière image montre un œil immense, tyrannique, angoissant. Le spectateur est prisonnier, enchaîné par le scénario : qui est aveugle ? Le metteur en scène Mattéo ou le spectateur ?

* Et puis, Éric Mangion, directeur de la Villa Arson, nous a parlé d’une prochaine exposition prévue pour février 2010, exposition dont le titre racoleur est : « Arrêtez d’essayer de me comprendre ». Ce poncif lacanien est ici un argument publicitaire pour attirer le Niçois à la Villa Arson. Il nous a dévoilé des projets d’artistes et j’en ai surtout retenu l’aspect pervers. Par exemple une œuvre nommée la grande  traumato thèque est un concept, une installation qui demande au public de dire au micro un souvenir de  traumatisme de son enfance. Déjà, c’est suspect. Et ce souvenir sensé être enregistré dans la boite noire conceptuelle, est en fait perdu (ouf.. ) car c’est un leurre, il n’y a pas d’enregistrement.
Promis, j’arrête d’essayer de comprendre l’art hypermoderne à la villa Arson.

* Enfin, Gérard Wajcman a pris la parole en bousculant gentiment M. Mangion. « Vous avez tord de penser que nous ne touchez pas à la psychanalyse,  la grande traumato thèque c’est nous, c’est de la psy. L’art est un traumatisme. Vos œuvres parlent de notre culture, de notre malaise dans notre civilisation et l’art est un observatoire de notre monde.».
Mais nous, nous sommes des dinosaures, notre concept, c’est le Bla Bla Bla, la parole. l’écoute et nous essayons de faire surgir la vérité.
C’est difficile car la loi de la communication, c’est le malentendu.
Gérard Wajcman a parlé objets de notre modernité, des G.P.S, des moyens de surveillance électronique, des murs d’images sur lesquels nous aimerions tout voir et ne pas être vus
Une conférence brillante qui s’est terminé sur une question paradoxale :
Faut-il aimer encore l’idéologie des lumières du 18ème siècle ou bien préférer au 21ème siècle une association de défense de l’ombre ?

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*eMira 08/06/2009 18:00

... pas pu terminer ma phrase, je te prie de m'en excuser. En matière d'art c'est l'artiste qui déclare sont œuvre comme étant de l'art, je veux bien qu'il le pense, je ne suis pas obligée d'être d'accord avec. Ombre et lumière, les deux sont nécessaires et le Moyen-Age était lumineux quoi qu'on en dise. Quant aux associations de défense de n'importe quoi, elles existent, loi de 1901 ... :-)

*eMira 08/06/2009 17:44

Déjà ce n'est pas facile de colorier un symptôme ... En ce qui concerne l'art, je ne me soucie pas des modes ou des tendances ; une œuvre me "parle" ou non ...